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Robert Pichaureau

Un visionnaire au service des musiciens 



  Né à Chinon en 1918, Robert Pichaureau a marqué l’histoire des instruments à vent avec sa passion, sa curiosité et sa pédagogie novatrice. Ses débuts se font au Conservatoire de Tours dans la classe de Marcel Papaix, disciple des illustres maîtres Eugène Foveau et Joseph Albus. En 1936, il rejoint le prestigieux Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en tant qu’auditeur, sous la houlette de Foveau, et entame sa carrière au sein des bugles de la Musique de l’Air.

  Mais ce n’est pas tout : Robert ne s’est jamais contenté de jouer. Il s’est plongé dans l’enseignement et la recherche, s’intéressant aux nouvelles techniques américaines qui débarquent avec les orchestres jazz et variété après 1945. Fasciné par le sur-aigu, il explore cette dimension avec une rigueur et une passion qui feront de lui un véritable "docteur des instrumentistes". Nombreux sont les musiciens en difficulté qui venaient le consulter pour "se remettre sur pied" !

  Il a notamment enseigné à l’école de musique des Lilas et dirigé celle de Brétigny-sur-Orge avant de s’installer à Gratens, près de Toulouse, où il poursuivit son enseignement jusqu’à son décès en 1999.

  Une pédagogie unique : entre écoute et innovation

  Robert Pichaureau avait une approche révolutionnaire de l’enseignement. Plutôt que de figer ses recherches dans une méthode formelle, il privilégiait l’échange vivant, l’écoute et l’adaptation à chaque élève. Il redoutait que ses découvertes soient mal comprises ou mal appliquées.
  Il aimait rappeler que des années de recherche patientes lui avaient permis d’analyser le travail inconscient du corps lors de la production du son. Selon lui, beaucoup d’instrumentistes concentraient leur attention uniquement sur le son produit, une "erreur fondamentale". Ce qui importait vraiment, disait-il, c'était de revenir à la base : la racine du son. Un apprentissage centré sur l'humain.


  Pour Robert, apprendre à bien jouer d’un instrument passe d’abord par une profonde connaissance de soi. En musique, aucune approximation n’est permise : ce qui est joué, est joué. Pour atteindre cette sûreté et cette fluidité, il insistait sur l’importance d’un travail précis, réfléchi et surtout respectueux du corps et de l’esprit du musicien.

  Sa philosophie reste intemporelle : concentrer son esprit sur des éléments concrets et fondamentaux plutôt que sur le son lui-même.
Développer une conscience fine des mécanismes corporels qui permettent de produire un son équilibré et naturel. Être patient et rigoureux pour surmonter les blocages, qu’ils soient techniques ou émotionnels.

Robert Pichaureau a laissé un héritage précieux : une vision de la musique et de l’enseignement qui continue d’inspirer des générations de musiciens et d’enseignants.

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